J'ai suivi la formation DealMaker Intensive l'année dernière. Trois jours intensifs, un programme chargé, des intervenants qui connaissent leur sujet. Honnêtement ? Je ne regrette pas d'y être allé. Mais j'ai compris assez vite qu'il y avait un écart entre ce qu'on apprend là-bas et ce qu'on peut vraiment appliquer le lundi matin en arrivant au bureau.

C'est ça que je veux vous expliquer ici. Pas descendre cette formation. Juste être honnête sur ce qu'elle ne peut pas faire à votre place.

Trois jours ne remplacent pas des mois de pratique

Le format intensif, c'est séduisant. On part du principe qu'on va "tout apprendre" en un week-end et revenir transformé. En réalité, le cerveau ne fonctionne pas comme ça. On retient environ 10 à 20 % de ce qu'on entend en formation. Le reste s'évapore dans les quarante-huit heures si on ne le pratique pas.

J'ai participé à un atelier sur la négociation commerciale pendant DealMaker. Super contenu. Mais quand je me suis retrouvé face à un client difficile deux semaines après, j'ai fait exactement ce que je faisais avant. Les réflexes, ça ne s'installe pas en trois jours.

La formation intensive vous donne un cadre. Elle vous montre ce qui est possible. Mais le vrai apprentissage arrive après, dans les situations réelles, avec les erreurs et les ajustements que personne ne peut faire à votre place.

Ce qu'on ne vous dit pas avant de vous inscrire

Les formations courtes sont construites pour aller vite. Ça veut dire qu'on survole beaucoup de sujets. Certains modules durent quarante-cinq minutes sur des thèmes qui mériteraient plusieurs jours. La présentation à impact, par exemple : j'ai eu droit à une heure de slides et de conseils généraux. Utile ? Oui. Suffisant ? Non.

J'ai mis des mois à comprendre vraiment comment structurer une présentation pour un comité de direction. C'est en creusant la méthode de formation PowerPoint exécutif pour des présentations à impact que j'ai enfin compris la logique de fond : hiérarchiser l'information, capter l'attention dès la première slide, adapter le niveau de détail à l'audience. DealMaker effleure ça. Cette méthode, elle va au fond.

La différence est énorme en pratique. Mes présentations aux investisseurs ont changé. Mes équipes me demandent maintenant comment je structure mes supports. Ça ne vient pas de trois jours de formation intensive.

Le management d'équipe, angle mort de DealMaker

Je gère une équipe de quarante personnes à Marseille. Le dealmaking, c'est bien. Mais si mon équipe n'est pas alignée, aucune technique de closing ne sauve une vente ratée en amont par un commercial mal managé.

DealMaker Intensive parle peu de management. C'est logique : ce n'est pas leur positionnement. Mais quand on rentre dans son entreprise après trois jours d'inspiration, la réalité c'est que ce sont les hommes et les femmes qu'on dirige qui font (ou défont) les deals.

J'ai ensuite investi du temps dans la formation management d'équipe LeadPro Certified. Et là, c'est une autre dimension. On travaille les postures de leader, la gestion des profils difficiles, les entretiens de feedback, la façon dont on anime une réunion commerciale pour qu'elle ne soit pas une perte de temps. Des compétences que DealMaker ne touche pas. Et qui, dans mon quotidien, ont un impact bien plus direct sur les résultats.

Bon, par contre, LeadPro demande un vrai engagement sur la durée. Ce n'est pas fait pour quelqu'un qui cherche une solution rapide.

Les vrais écarts que j'ai observés

Pour être concret, voici ce que DealMaker m'a apporté et ce qu'il n'a pas pu condenser :

  • La structure d'un pitch commercial : oui, acquis rapidement et utile dès la semaine suivante
  • La gestion de l'objection prix : abordée, mais j'ai dû pratiquer six mois avant d'être à l'aise
  • La lecture du langage non-verbal en négociation : effleurée en quarante minutes, j'ai dû compléter avec d'autres ressources
  • La construction d'une culture d'équipe orientée résultat : absente du programme
  • L'animation de réunions efficaces : zéro contenu là-dessus
  • La prise de parole à l'écrit pour des décideurs : mentionné, non développé

Ce tableau résume ce que j'ai compris sur le rapport entre format de formation et profondeur d'apprentissage :

Compétence visée Format intensif (3 jours) Formation longue spécialisée Délai réel d'ancrage
Pitch commercial Bon démarrage Approfondissement nécessaire 2 à 4 semaines avec pratique
Présentation à impact Aperçu Méthode complète disponible 2 à 3 mois
Management d'équipe Absent Programme complet requis 6 mois minimum
Négociation avancée Bases posées Simulation et cas pratiques 3 à 6 mois
Feedback et entretiens Absent Travail en profondeur possible 4 mois avec accompagnement

Ce que ça change de comprendre ça avant

Si j'avais su ça avant de m'inscrire à DealMaker, j'aurais organisé différemment mon plan de formation sur l'année. J'aurais vu DealMaker comme un déclencheur, pas comme une destination.

Une formation intensive, c'est fait pour ouvrir des portes. Pour vous faire toucher du doigt ce que vous ne savez pas encore. Mais l'erreur fréquente, je l'ai faite moi-même, c'est de penser qu'on repart avec les compétences en poche.

J'ai un collaborateur dans mon équipe qui a fait DealMaker en septembre. Il est revenu motivé, avec des notes plein son carnet. En janvier, il m'a dit qu'il n'avait pas eu le temps de "appliquer". C'est exactement le piège. La formation ne s'applique pas toute seule. C'est vous qui devez créer les conditions pour que l'apprentissage continue après.

Comment j'ai structuré ma montée en compétences après DealMaker ?

Ce qui a vraiment changé la donne pour moi : j'ai découpé les sujets traités en formation en sous-thèmes, et j'ai cherché une ressource longue pour chacun d'eux. Pas forcément chère. Parfois un livre, parfois une formation en ligne à vingt euros, parfois un programme certifiant plus lourd.

Résultat concret : sur la présentation exécutive, j'ai travaillé une méthode sur huit semaines. Sur le management, plusieurs mois de formation structurée avec des mises en situation réelles. Sur la négociation, j'ai rejoué mentalement chaque deal en cours et identifié où j'appliquais mal ce que j'avais appris.

Franchement, c'est ça qui a marché. Pas les trois jours à huis clos avec des post-its et un formateur dynamique.

Je ne dis pas que DealMaker est inutile. Je dis qu'une formation intensive ne peut pas tout condenser. Elle compresse l'information. Elle ne compresse pas l'expérience. Et c'est l'expérience qui construit vraiment la compétence.

Pour qui DealMaker a du sens, pour qui ça ne suffit pas

Si vous débutez dans la vente ou la négociation, DealMaker peut être un bon premier choc. Ça structure la pensée. Ça montre des méthodes qu'on n'a jamais vues.

Si vous gérez une équipe et que vous cherchez à progresser sur le leadership ou la communication interne, je vous déconseille d'y aller seul. Ce n'est pas ce que ce programme cible. Vous sortirez avec des outils de vente et peu de réponses sur vos vrais problèmes de manager.

Si vous avez déjà deux ou trois ans d'expérience commerciale, DealMaker va vous confirmer des choses que vous savez déjà à moitié. Ce n'est pas forcément mauvais, mais le retour sur investissement est à peser sérieusement.

Mon conseil : avant de vous inscrire à n'importe quelle formation intensive, listez trois compétences précises que vous voulez développer. Demandez-vous si ce format peut réellement les ancrer, ou s'il va juste vous les présenter. La nuance est là. Et elle vaut cher.