J'utilise des VPN depuis environ deux ans maintenant. Au départ, je cherchais juste à sécuriser la connexion de mes collaborateurs en télétravail, sans exploser mon budget. Et puis j'ai testé pas mal de solutions. Surfshark est arrivé dans ma liste assez tôt, surtout parce que le prix affiché m'avait interpellé. Vraiment bas. Trop bas pour être honnête, je me disais.
Résultat : j'ai creusé, j'ai testé, j'ai comparé. Ce que vous lisez ici, c'est mon retour après plusieurs mois d'utilisation dans un contexte professionnel, avec une équipe de taille moyenne et des usages très concrets.
Surfshark en 2026 : ce qu'il faut savoir avant tout
Surfshark existe depuis 2018. Pas le plus ancien du marché. Mais en quelques années, il a construit une offre qui tient vraiment la route, surtout sur l'angle tarifaire. Le service est géré par Surfshark B.V., une société basée aux Pays-Bas, pays membre de l'alliance Nine Eyes. Ça, il faut le savoir si vous êtes sensible aux questions de juridiction des données.
Bon, ça ne les empêche pas d'avoir une politique no-logs auditée. Un cabinet indépendant (Deloitte) a vérifié en 2023 que Surfshark ne stocke pas les données de navigation. C'est un point sérieux.
Ce qui m'a frappé dès le début : appareils illimités inclus dans chaque abonnement. Pas de quota à deux ou cinq. Illimité. Pour une TPE avec une dizaine de postes, c'est immédiatement concret.
Le réseau en chiffres
- Plus de 3 200 serveurs dans le monde
- Présence dans plus de 100 pays
- Protocoles disponibles : WireGuard, OpenVPN, IKEv2
- Serveurs 100% RAM (pas de stockage sur disque dur)
Les serveurs RAM, c'est important. Ça veut dire qu'au redémarrage d'un serveur, toutes les données sont effacées. Rien ne persiste. Je trouve ça rassurant, même si on reste sur de la confiance accordée à un prestataire tiers.
Les tarifs : là où Surfshark frappe fort
Soyons directs sur ce point. C'est la raison principale pour laquelle beaucoup de gens choisissent Surfshark. Et j'en fais partie.
| Formule | Prix mensuel (engagement 2 ans) | Appareils | Garantie satisfait |
|---|---|---|---|
| Surfshark Starter | à partir de 2,19 €/mois | Illimité | 30 jours |
| Surfshark One | à partir de 2,69 €/mois | Illimité | 30 jours |
| Surfshark One+ | à partir de 4,29 €/mois | Illimité | 30 jours |
Ces prix sont affichés en engagement 24 mois. Le tarif mensuel sans engagement grimpe à environ 15 €/mois. C'est là que ça fait moins rêver. Comme beaucoup de VPN, le modèle économique repose sur l'abonnement long terme.
J'ai pris la formule 2 ans. Je ne regrette pas sur l'aspect prix. Mais je recommande de bien lire les conditions de renouvellement automatique. Franchement, ce n'est pas toujours mis en avant clairement lors de la souscription.
Surfshark One : est-ce que ça vaut le surcoût ?
La formule One ajoute un antivirus, une alerte en cas de fuite de données personnelles et un moteur de recherche privé. Pour quelques centimes de plus par mois, ça peut valoir le coup si vous voulez une protection un peu plus complète sur vos postes.
Moi j'ai gardé Starter. On a déjà un antivirus déployé en entreprise. Payer deux fois pour la même chose, ça ne m'intéresse pas.
Ce que j'ai réellement testé et comment ça s'est passé
On a déployé Surfshark sur les postes de neuf collaborateurs. Trois en télétravail à temps plein, six en hybride. Voilà ce que j'ai observé sur plusieurs mois.
L'installation et la prise en main
L'application est disponible sur Windows, macOS, Linux, iOS, Android, et même sur les routeurs (via configuration manuelle). La prise en main est assez rapide pour des profils non techniques.
J'ai formé deux salariés dessus en moins d'une heure. L'interface est épurée. On clique, ça se connecte. C'est le niveau de simplicité qu'on cherchait.
Par contre, j'ai un vrai reproche sur la configuration Linux. Elle est nettement moins intuitive que sur Windows ou Mac. Mes deux développeurs qui tournent sous Ubuntu ont galéré un moment avec la configuration en ligne de commande. Ce n'est pas rédhibitoire, mais c'est clairement moins abouti que le reste.
Les vitesses de connexion
WireGuard est le protocole que j'ai activé pour tout le monde. C'est de loin le plus rapide. Sur des connexions fibre à 500 Mb/s, on descend rarement en dessous de 300-350 Mb/s une fois le VPN actif. Pour du télétravail classique, appels visio, partage de fichiers, accès aux outils cloud, ça ne crée aucune friction notable.
Les serveurs européens sont rapides. Les serveurs américains, un peu plus lents, mais rien d'alarmant. J'ai eu quelques pics de latence sur des serveurs asiatiques, mais on n'en a pas besoin en usage quotidien.
Fonctionnalités concrètes que j'utilise vraiment
Le Kill Switch coupe automatiquement la connexion internet si le VPN se déconnecte. Pour mes collaborateurs qui accèdent à des outils internes depuis chez eux, c'est un garde-fou utile. J'ai activé ça sur tous les postes.
Le Split Tunneling (ou "Bypasser" chez Surfshark) me permet de choisir quelles applications passent par le VPN et lesquelles gardent la connexion directe. Exemple concret : nos outils de visioconférence restent en connexion directe pour éviter la latence, pendant que l'accès à notre CRM passe par le VPN. Ça m'a fait gagner du temps sur les réglages fin de réseau.
CleanWeb, leur bloqueur de pubs et de trackers, est intégré directement. Pas besoin d'extension navigateur supplémentaire. Pour les collaborateurs qui naviguent beaucoup en ligne, ça réduit les risques de cliquer sur une pub malveillante. Simple, efficace.
Il y a aussi le mode "NoBorders" qui est censé contourner les restrictions dans certains pays. Je n'ai pas eu à m'en servir pour le moment, donc je ne peux pas en dire plus de façon honnête.
La stabilité dans le temps
Sur plusieurs mois d'utilisation, j'ai eu peut-être trois ou quatre déconnexions inattendues. Le Kill Switch a joué son rôle à chaque fois. Rien de catastrophique. Une fois, un serveur était lent à répondre et j'ai dû basculer manuellement sur un autre noeud. Ce genre de chose peut arriver avec n'importe quel VPN.
Ce que Surfshark ne fait pas bien
Aucun outil n'est parfait. Voilà ce qui m'a agacé ou déçu.
Le support client : à améliorer
J'ai contacté le support deux fois. La première fois pour un problème de facturation (un doublon), la deuxième pour une question technique sur la configuration routeur. Le chat est disponible 24h/24, et c'est bien. Mais les premiers contacts tombaient sur des réponses scriptées, très génériques. J'ai dû insister pour obtenir quelqu'un qui comprend vraiment le problème.
Résolution du problème de facturation : 4 jours. C'est trop long pour quelque chose d'aussi simple. Le remboursement a bien eu lieu, mais j'ai relancé deux fois.
Pour un usage personnel, ça passe. Pour une entreprise, ce niveau de réactivité est insuffisant si vous avez un incident bloquant.
L'interface Linux, vraiment en retard
Je l'ai mentionné plus haut mais c'est vraiment frappant. L'app graphique Linux est basique comparée aux versions Windows et Mac. Si vous avez des collaborateurs sous Linux, prévoyez un temps de configuration supplémentaire.
Pas d'adresse IP dédiée
Surfshark ne propose pas d'IP statique dédiée par utilisateur. Certains concurrents (NordVPN, par exemple) proposent cette option en supplément. Si vous avez des services internes qui autorisent l'accès uniquement via une IP blanche fixe, Surfshark ne conviendra pas sans passer par une configuration alternative plus complexe.
Pour notre usage, ça n'a pas été bloquant. Mais c'est un point à vérifier selon votre architecture réseau.
Pas adapté aux gros réseaux d'entreprise
Surfshark n'a pas de console d'administration centralisée pour les entreprises. Il n'y a pas de gestion des utilisateurs, pas de tableau de bord IT, pas de déploiement en masse géré. Chaque poste se configure de façon individuelle.
Pour neuf postes, c'est gérable. Pour 50 ou 100 postes, ce serait une vraie contrainte. Je recommande clairement Surfshark pour les TPE jusqu'à une vingtaine de personnes. Au-delà, il faudra regarder des solutions comme NordLayer ou Perimeter 81 qui sont pensées pour l'entreprise avec vraie console d'admin.
Surfshark face à la concurrence : comparaison honnête
| Critère | Surfshark | NordVPN | ExpressVPN | ProtonVPN |
|---|---|---|---|---|
| Prix (engagement 2 ans) | à partir de 2,19 €/mois | à partir de 3,09 €/mois | à partir de 6,67 €/mois | à partir de 4,99 €/mois |
| Appareils simultanés | Illimité | 10 | 8 | 10 |
| Serveurs | 3 200+ | 6 200+ | 3 000+ | 6 500+ |
| Juridiction | Pays-Bas | Panama | Îles Vierges britanniques | Suisse |
| Audit no-logs | Oui (Deloitte) | Oui (Deloitte) | Oui (KPMG) | Oui (Securitum) |
| Console d'administration entreprise | Non | Via NordLayer | Non | Limité |
| Vitesse globale | Très bonne | Excellente | Excellente | Très bonne |
NordVPN est plus cher mais propose un réseau plus large et une expérience globalement plus mature. ExpressVPN, je trouve le prix difficile à justifier pour une TPE avec un budget serré. ProtonVPN a l'avantage d'être basé en Suisse (hors UE, hors Five/Nine Eyes) ce qui est un vrai argument si la confidentialité est votre priorité absolue.
Surfshark reste celui qui offre le meilleur prix au nombre d'appareils couverts. Point final.
Les scores
Scoring Surfshark
| Critère | Note /5 | Commentaire |
|---|---|---|
| Prix | 5/5 | Le moins cher du marché sur abonnement long terme avec appareils illimités |
| Rapport qualité/prix | 4,5/5 | Très solide pour le prix demandé |
| Facilité d'utilisation | 4/5 | Excellent sur Windows/Mac/mobile, moins bon sur Linux |
| Support client | 3/5 | Disponible mais lent et parfois peu efficace au premier contact |
Note globale : 4,1/5
Gagnant sur le critère prix, sans discussion. Sur le rapport qualité/prix global, Surfshark est le meilleur choix que j'ai trouvé pour une TPE avec un budget limité et plusieurs postes à couvrir.
Pour qui je recommande Surfshark
Je recommande Surfshark si vous êtes dans l'une de ces situations :
- Vous avez une petite équipe (moins de 20 personnes) en télétravail ou hybride
- Vous cherchez à couvrir plusieurs appareils sans payer par poste
- Votre budget VPN est serré et vous ne voulez pas lésiner sur la sécurité de base
- Vous utilisez principalement Windows, macOS ou des appareils mobiles
- Vous n'avez pas besoin d'une IP fixe dédiée
À titre d'exemple concret : un de mes collaborateurs utilise Surfshark simultanément sur son PC pro, son PC personnel, son téléphone et sa tablette. Tout ça compris dans le même abonnement. Sans Surfshark, j'aurais dû soit limiter les accès, soit payer un forfait plus cher ailleurs.
Pour qui je déconseille Surfshark
- Vous avez besoin d'une vraie console d'administration centralisée
- Vos équipes travaillent principalement sous Linux
- Vous devez whitélister une IP fixe auprès de partenaires ou de services tiers
- La juridiction Pays-Bas vous pose un problème (alliance Nine Eyes)
- Vous avez plus de 30-40 postes à gérer : regardez NordLayer ou des solutions dédiées entreprises
Quelques cas d'usage concrets que j'ai observés
Premier cas : l'un de nos commerciaux voyage régulièrement en Europe. Depuis qu'on a Surfshark, il se connecte systématiquement sur le VPN quand il est dans un hôtel ou un aéroport. Avant, on n'avait aucune protection sur ces réseaux publics. Le risque était réel. Maintenant c'est automatique, il l'a configuré en connexion automatique sur les réseaux wifi non sécurisés.
Deuxième cas : notre responsable marketing accède parfois à des contenus disponibles uniquement dans certains pays pour sa veille concurrentielle. Surfshark gère ça très bien. On sélectionne le serveur du pays concerné, c'est tout.
Troisième cas : on accède à notre outil de gestion interne via un tunnel VPN. Avant Surfshark, on utilisait un VPN d'entreprise mal configuré qui tombait régulièrement. Depuis qu'on a basculé sur Surfshark, la connexion est bien plus stable. Ce n'est pas une solution VPN d'entreprise à proprement parler, mais pour notre taille, ça remplit le rôle.
Ma conclusion sur Surfshark en 2026
Surfshark n'a pas révolutionné le marché des VPN. Mais il a fait quelque chose de plus utile pour nous : proposer un service fonctionnel, fiable dans l'ensemble, avec des fonctionnalités concrètes, à un tarif que personne ne bat vraiment sur le segment grand public.
Le support client est son talon d'Achille. C'est clairement là que ça pêche. Si vous avez un problème urgent, prévoyez qu'il faudra peut-être insister pour obtenir une vraie réponse.
La question du no-logs audité par Deloitte me rassure sur le fond. Même si la juridiction néerlandaise n'est pas idéale, la politique de confidentialité affichée tient la route jusqu'ici.
Pour moi, en tant que dirigeant d'une TPE avec un budget logiciel à surveiller : Surfshark est le choix que je referais aujourd'hui. Même en 2026, il reste difficile de trouver mieux pour ce prix, avec des appareils illimités et une fiabilité correcte au quotidien.
Si votre budget est vraiment serré, que vous avez plusieurs postes à couvrir et que vous cherchez quelque chose que vos collaborateurs non techniques pourront utiliser sans vous appeler toutes les cinq minutes, Surfshark mérite sérieusement votre attention.